En ouvrant son Escape Game, Marion vient de concrétiser un rêve. Celui d’une jeune femme tentée par l’entrepreneuriat. « J’ai fait beaucoup de boulots que j’ai aimés, sans aller jusqu’au bout de mes envies ». Alors elle a retroussé ses manches. « Je voulais être ma propre patronne. Le parcours pour être cheffe d’entreprise peut faire peur même s’il est bien balisé. Les réseaux d’accompagnement sont pertinents, rassurants. Je suis super contente de cette aventure ». Marion livre -un peu- de ses secrets.

Forfaitiste en voyages, assistante artistique au Puy du Fou…Marion a enchaîné les expériences depuis la fin de ses études. « Rien à voir avec ce que je fais aujourd’hui. Toutes les expériences sont profitables, mais il me manquait quelque chose. Je me suis posée : que pouvais-je faire qui me plaise et qui m’assure un minimum de rentabilité ? Depuis longtemps, avec des copains, on rigolait de cette idée d’Escape Game. Il n’y en avait pas sur les Herbiers. Je me suis dit : pourquoi pas moi ? ». Plusieurs de ses amis ont lancé des entreprises. « Ça m’a donné l’envie de me lancer aussi ».

Entre le moment où l’idée germe et celui où elle se concrétise, le parcours de la création ne semble pas avoir effrayé Marion, malgré quelques inévitables rebondissements, amplifiés par la pandémie. « Je me suis lancée dans l’entrepreneuriat sans connaître forcément toutes les ficelles mais on apprend en faisant !». Il faut surtout un peu de mental pour convaincre, à commencer par son entourage. « Tu as beau être convaincue de ton projet, la peur de se lancer vraiment est toujours difficile. Il faut la surmonter. Quand j’ai évoqué ce projet au départ, on m’a regardé avec des yeux gros comme ça. ‘D’où tu sors ça’ ? Puis finalement on m’a encouragée. A commencer par Samuel mon mari, qui réalise lui-même des projets incroyables ».

Novembre 2019, Marion commence à écrire les scénarios. « Cela prenait forme dans ma tête ». Elle participe au salon des Entrepreneurs à Nantes. « Ce jour-là, j’ai compris que j‘avais ma chance. Je suis rentrée en me disant : si ça ne marche pas ce n’est pas si grave ». Déterminée comme jamais, son idée vague était en train de se concrétiser. « L’autre étape c’est le local susceptible d’accueillir cette activité. Quand j’ai vu celui-ci, je me suis dit : c’est celui-ci, je le sens bien ! ». Les parcours d’accompagnement comme Réseau Entreprendre Vendée ou Initiative Vendée Bocage lui apportent un soutien précieux. « On se sent vraiment entouré ». L’inauguration vient d’avoir lieu. « C’est là que je mesure le chemin parcouru. Qu’est-ce que ça fait plaisir !».

Avec 3 salariés, « Gardez le Secret » a ouvert il y a 3 mois. « J’ai mis beaucoup de temps à réaliser ce que je venais de créer. C’est vraiment un travail d’équipe. Et j’ai la chance d’être bien entourée par mes proches. Ils ont vite participé à l’aventure en me faisant confiance ». Avec ce retour d’activité de quelques mois, Marion voit s’atténuer sa première inquiétude : la réaction des visiteurs. « Les retours sont très positifs. Des joueurs sont même venus du Mans ou de La Rochelle pour découvrir nos univers. Il faut maintenant confirmer dans la durée ». Trois salles pour trois univers incitent déjà à la revisite. « C’est un métier qui exige une créativité constante. J’ai essayé de faire des aventures différentes de ce qu’on voit habituellement. J’ai remplacé les ambiances horrifiques, un peu sombres, par du fantastique avec des univers colorés et joyeux pour La Confiserie Enchantée. Un univers où vous devenez les locataires d’un gîte étrange. Pour l’Echappée Belle. Pour le Rêve vous allez devenir des constructeurs oniriques. En fait dans un Escape Game vous devenez les acteurs du film ».

Avec cette belle expérience, Marion ne peut être qu’ambassadrice de l’entrepreneuriat, y compris au féminin. « Être cheffe d’entreprise, ça ne veut pas dire : arrêter sa vie personnelle. Il faut trouver l’organisation qui assure l’équilibre ». Trouver aussi l’environnement porteur. « Quand on signe les papiers on est seule. Pour tout le reste, j’ai été super entourée ». La joie de voir son projet se concrétiser balaye l’appréhension. « Si vous avez une idée qui vous plait et que vous êtes motivés, il faut foncer ».

Marion aurait aimé vivre à l’époque de la Renaissance. « Encore que pour les femmes, c’était moins fun qu’aujourd’hui ». Finalement, elle est une femme de son temps, audacieuse. « Je suis très contente d’avoir 30 ans aujourd’hui, même si dans ma tête j’en ai encore 20 ». Plutôt bon signe.