Un pied dans le bocage où sont ses racines, un autre près du littoral où il s’épanouit professionnellement. Le conseiller financier qui jonglait jadis avec les chiffres est devenu saltimbanque, fort de son expérience associative. Samuel garde un goût prononcé pour la comédie musicale, le condensé de différentes disciplines artistiques, et le théâtre à part entière. Depuis une dizaine d’années, il continue à jongler avec ses différents savoir-faire, entre communication et programmation culturelle.

Originaire de Sainte Cécile, Samuel grandit dans le milieu agricole, entouré de trois frères et de trois sœurs. Son cursus le conduira des Sorbets de Noirmoutier au lycée Nature de la Roche sur Yon en passant par les Sicaudières de Bressuire, toujours sur les voies de l’agro-alimentaire. La patronne de la musique déposera un 21 juin chez le jeune cécilien cette petite graine artistique qui ne demande qu’à s’épanouir. « En 1987, j’ai chanté ‘Il faudra leur dire’ de Cabrel en première partie de Nicoletta et Dave. Je suis tombé amoureux du monde du spectacle ». Quand ses frères jouent au foot, ses sœurs au basket, lui grandira sur les planches et les tréteaux pour monter les séances de variété, lancer le foyer des jeunes. Avec une troupe qui compte jusqu’à 70 personnes, il s’attaque aux Cats, Starmania, Mayflower au profit de l’école privée de Sainte Cécile.

Au retour de l’armée, il devient conseiller à la CARAC, la caisse autonome des anciens combattants. « Michel Leboeuf en était le président. C’est un peu mon mentor ; il m’a donné le véritable goût au travail ». Sept ans plus tard, Paris reprend les rênes de l’agence. « Le moment était venu de goûter à autre chose ». Samuel a quitté le cocon familial pour s’établir à Thorigny. « Je ne connaissais personne ici. Je découvre dans ma boite aux lettres un flyer qui informait du lancement d’une activité ‘comédie musicale’ à l’école de musique de Saint Florent, la commune voisine ». Il sera rapidement promu metteur en scène. « Cette passion a été décisive pour quitter mon emploi à la Carac. J’ai fait le choix de me professionnaliser dans le milieu du spectacle en étant directeur artistique au sein d’une société de production à Mareuil sur Lay ». Il y restera une dizaine d’années : créations de spectacles comme ‘Titanic’ au Milandy, castings « une dizaine de nos jeunes pousses sont aujourd’hui professionnels », l’émission télévisée ‘Stars de demain’, la petite Star-Ac vendéenne, le tout enrobé d’une multitude d’animations événementielles. « C’était autant de projets à promouvoir. Monter le spectacle c’est bien ; il faut trouver le public ».

Depuis le 1er janvier 2011, Samuel travaille à la mairie de Longeville, fort d’une expérience polyvalente. « Ma mission va de la communication institutionnelle à la promotion touristique de cette ville littorale où débute le marais. J’ai également en charge la culture ; l’été c’est entre 50 et 65 actions, pour les résidents et les vacanciers, souvent au théâtre de verdure. En dehors de la saison, il faut monter la saison culturelle dans une salle de 400 places entre novembre et mai. Cette année, on lance une école de la comédie musicale ». Tiens donc ? « C’est un peu mon leitmotiv ; je ne m’en lasse pas ».

Un univers artistique que Samuel n’a jamais vraiment quitté. « Après avoir quitté la société de production, j’ai gardé quelques animations micro pour les spectacles, les fêtes de plein air, les AG ainsi que la mise en scène pour les troupes ‘amateurs’, le tout logé dans une petite structure gérée avec ma sœur. Je travaille en ce moment avec la troupe théâtrale de Cheffois ». Son agenda doit être bien booké puisqu’il est également administrateur du Crédit Mutuel, bénévole au Puy du Fou. « Je suis curieux de tout ; j’aime apprendre, j’aime comprendre. Pas uniquement dans le milieu du spectacle ».

Samuel aime scinder ce qui relève du professionnel et ce qui relève de sa sphère privée. « Le panneau d’agglomération de Longeville est ma porte d’entrée ou de sortie de mon travail. J’aime faire la part des choses et j’en ai besoin ». Homme enraciné, il se méfie des effets de mode. « Les fondamentaux et les valeurs finissent toujours par reprendre le dessus ». Il n’est pas pour autant nostalgique. « Je suis quelqu’un d’ouvert, capable de m’enflammer tout en étant dans la réflexion. J’ai parfois besoin de faire le tri dans mon esprit ». La passion peut dévorer, surtout quand elle est l’objet même du métier exercé. « C’est important de couper. Il m’arrive de m’éteindre totalement ; ça fait partie de mon équilibre ». Il a mis à profit le confinement pour mieux découvrir sa commune de résidence. « J’y passe assez peu de temps. Du coup, j’ai découvert des sentiers à deux pas de chez moi que je ne connaissais pas ».

Lorsqu’il revisite son parcours, outre les nombreuses aventures associatives, Samuel refait le panthéon des personnes qui ont exercé une influence chez lui. « Je dois beaucoup à Annick Baudry très investie dans les associations sur Sainte-Cécile. Sur le plan professionnel, Michel Leboeuf est quasiment un deuxième père. Michel Bridonneau qui m’a recruté sur Longeville m’a beaucoup apporté ». Il évoque aussi ses parents. « Une mère au foyer, un père autoritaire, attaché aux principes qui ont été la base d’une éducation catholique. Lorsque je lui ai dit que je quittais mon métier de conseiller pour aller dans le milieu du spectacle, il ne m’a ni encouragé, ni empêché. J’avais à cœur de l’emmener sur certains spectacles ou événements. Je crois au final qu’il était assez fier ».

Samuel est un ambassadeur émérite du monde associatif. « C’est un fédérateur à nul autre pareil et c’est aussi la fête, à l’image du mot festival ». Son parcours est riche de multiples souvenirs. « Il peut y en avoir des moins bons ; je préfère regarder les bons ».