Son fournil, très accueillant, ne semble pas avoir changé depuis que son père s’est installé comme boulanger. Reprenant la suite, Céline devient paysanne-boulangère : « On cultive le blé que l’on transforme en farine pour ensuite faire le pain ». Une histoire de famille qui se perpétue et qui trouve un écho particulier en cette période de pandémie. La ferme de Céline est également pédagogique : « Manger est un acte militant, les choix alimentaires façonnent l’agriculture, les paysages, etc… C’est ça que j’essaie de transmettre aux enfants ».
Un gros tiers de ses clients vient chercher le pain à la ferme : « Les boules sont déposées sur une maie, à leur nom ; ils n’ont qu’à se servir et mettre leur règlement dans une poche de tissu. Moi je suis là, ou je ne suis pas là. Mon père fonctionnait déjà comme ça, et ça marche très bien ! ». La vente sur place représente un tiers de sa clientèle. Le reste est distribué en biocoop ou des magasins à la ferme ou encore via l’AMAP de Bressuire (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne devenue association producteurs/consommateurs Asphodèle) qui propose des paniers à emporter.
Même si elle aidait son père lorsqu’elle étudiait, l’envie de s’installer lui est venue lors de sa seconde année de DUT. « Je n’étais pas partie forcément là-dessus ; quand j’ai annoncé à mes parents mon intention de reprendre l’activité, ils ne me croyaient pas. Ma formation initiale c’est l’animation. J’ai passé un DUT ‘carrières sociales’. Puis je me suis dit que la ferme de mon père était un super support qui me permettrait d’allier ce que lui faisait tout en assurant de l’accueil de groupes et l’animation. Mon mémoire portait sur le rôle que pouvaient jouer les agriculteurs dans l’éducation des enfants. A la fin de mon DUT, j’avais cette idée en tête, mais je n’étais pas forcément prête à me lancer. Je suis partie faire des saisons. L’été, au début je voyageais, puis j’ai commencé en tant que salariée pour mon père, notamment dans la partie pédagogique ».
En 2013, elle s’installe en s’associant avec son cousin qui lui avait travaillé dans une ferme pédagogique tournée vers l’apiculture. « On a fait un BPREA (Brevet Professionnel Responsable Exploitation Agricole). Ça dure un an et ça donne la possibilité de bénéficier de la DJA (Dotation jeune agri). Le projet était ambitieux. Nous avions peut-être sous-estimé l’ampleur de la tâche. Ça ne l’a pas fait ! En 2016, c’est Guillaume mon conjoint qui l’a remplacé. Aujourd’hui on a 3 salariés, avec chacun 20h par semaine ».
Bien qu’elle ait l’âme nomade -elle adore voyager- Céline aime son métier qui pourtant l’accapare. « On maîtrise tout le processus de la fabrication du pain, du début à la fin du produit. C’est un gage de qualité. Et puis avec la ferme pédagogique, l’idée c’est de dire qu’à l’avenir on doit prendre soin de la planète, et que ça passe en premier lieu par les enfants, les nouvelles générations qui vont potentiellement changer les choses ».
« Au 1er confinement j’ai cru que les gens allaient durablement changer leur comportement. On a rajouté une fournée par semaine. Aujourd’hui je suis plus sceptique. Le naturel revient vite ! Il y a quelques changements quand même. Le consommateur ne fera pas le tour des fermes, mais on voit bien que les circuits de distribution évoluent (par exemple cagette.net) avec un attachement à la proximité et à la qualité ».
« J’ai un petit garçon de 3 ans et demi à qui je consacre beaucoup de temps ». Pour autant, les projets ne sont pas en reste : extension de la ferme avec recherche de nouveaux associés, ouverture d’un hébergement ‘glamping’ pour diversifier le camping à la ferme. « J’aimerais apprendre à jouer du violon, partir en vacances plus souvent. Je savais quand j’ai fait ce choix qu’il fallait taper dedans ».
Lafermedupetitpuyaume.com
Le pain, la terre, la pédagogie quel beau programme Céline 👍